La VAE — Validation des Acquis de l’Expérience — est un dispositif inscrit dans le Code du travail (article L6411-1) qui permet d’obtenir une certification professionnelle en faisant reconnaître les compétences acquises par l’expérience, sans suivre de formation. Le diplôme délivré est identique à celui obtenu par la voie classique. Les employeurs et les conventions collectives ne distinguent pas les modes d’obtention.

Ce que vaut concrètement un diplôme obtenu par VAE

Un titre obtenu par VAE a la même valeur juridique, la même classification conventionnelle et le même effet sur la fiche de paie qu’un diplôme obtenu après une formation initiale ou continue. Un candidat qui valide un BTS par VAE peut prétendre aux mêmes postes, aux mêmes grilles salariales et aux mêmes concours qu’un titulaire du même BTS passé en candidat classique.

Cette équivalence vaut également pour les concours de la fonction publique et pour les accès réglementés à certaines professions (infirmier, travailleur social, etc.).

VAE définition légale : ce que dit le Code du travail

L’article L6411-1 du Code du travail définit la VAE comme le droit de « faire valider les acquis de son expérience en vue de l’acquisition d’une certification professionnelle enregistrée dans le répertoire national des certifications professionnelles ». Il s’agit d’un droit individuel, opposable à l’employeur dans certaines conditions de financement, et accessible à toute personne justifiant d’une expérience suffisante en lien avec la certification visée.

La réforme de 2022 : ce qui a changé

La loi du 21 décembre 2022 (loi « Marché du travail ») a profondément modifié les conditions d’accès à la VAE.

Expérience requise.  L’expérience valorisée peut être issue de périodes en tant que salarié, non salarié (indépendante, libérale, agricole), bénévole, liée à un mandat électif ou syndical, ou encore issue d’un proche aidant. Les périodes de formation en milieu professionnel sont désormais prises en compte.

Guichet unique France VAE. La réforme a créé un point d’entrée national unique : la plateforme franceVAE.gouv.fr. Elle permet d’identifier les certifications accessibles, de vérifier son éligibilité et d’amorcer le dépôt de dossier. L’objectif affiché par le gouvernement est d’atteindre 100 000 parcours VAE par an à horizon 2027, contre environ 30 000 annuels avant la réforme.

Accompagnement conseillé. Les candidats peuvent bénéficier d’un accompagnement de la part d’un « Architecte Accompagnateur de Parcours » (AAP) chargé de le guider lors de son parcours.

Qui peut faire une VAE : conditions d’éligibilité

Il n’existe pas de condition d’âge, de nationalité ou de niveau scolaire préalable pour accéder à la VAE.

La seule condition d’éligibilité est la valeur de l’expérience : en lien direct avec les compétences visées par la certification.

Sont prises en compte :

  • les activités salariées (CDI, CDD, intérim)
  • les activités non salariées (artisan, commerçant, professions libérales, auto-entrepreneur)
  • les activités bénévoles (associations, secourisme, encadrement sportif, etc.)
  • les mandats électifs ou syndicaux
  • les activités de proche aidant
  • certaines périodes de stage ou de formation en situation professionnelle

Quelles certifications sont accessibles

La VAE donne accès à toute certification inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Cela couvre un périmètre très large :

  • les diplômes d’État : CAP, BEP, bac professionnel, BTS, licence, master
  • les titres professionnels délivrés par le ministère du Travail
  • les certificats de qualification professionnelle (CQP) de branches
  • les diplômes d’établissements habilités (grandes écoles, universités)

Les certifications sont classées par niveaux (de 3 à 8 sur l’échelle européenne EQF), et couvrent tous les secteurs : santé, social, bâtiment, numérique, commerce, industrie, logistique, etc.

Certaines certifications restent soumises à des conditions particulières fixées par les certificateurs (notamment pour les diplômes d’État réglementés). Il convient de vérifier les conditions spécifiques auprès de l’organisme certificateur avant d’engager un parcours.

Ce que la VAE n’est pas

Plusieurs dispositifs sont fréquemment confondus avec la VAE.

Le bilan de compétences est un outil d’orientation. Il aide à identifier ses compétences, ses motivations et à construire un projet professionnel. Il ne délivre aucun diplôme.

La formation continue (CPF, plan de développement des compétences) permet d’acquérir de nouvelles compétences et d’obtenir une certification à l’issue d’un cursus pédagogique. Elle part du principe que le candidat ne maîtrise pas encore les compétences visées — contrairement à la VAE, qui part du principe qu’il les maîtrise déjà.

La VAPP (Validation des Acquis Personnels et Professionnels) est un dispositif universitaire qui permet d’accéder à un cursus sans en avoir les prérequis formels. Elle ouvre un accès à une formation — elle ne délivre pas de certification.

Seule la VAE débouche sur une certification officielle inscrite au RNCP.

VAE totale et VAE partielle

La validation peut être totale ou partielle.

VAE totale : le jury valide l’ensemble des blocs de compétences de la certification. Le candidat obtient le diplôme ou le titre complet.

VAE partielle : Le candidat obtient une attestation de validation partielle qu’il lui conviendra de compléter pour obtenir la certification. Les blocs validés sont définitivement acquis.

Chiffres clés 2026