Comment faire une VAE ?
La VAE se déroule en quatre étapes principales : choisir la certification, déposer la demande de recevabilité, rédiger son dossier de validation, puis le soutenir devant le jury. Le parcours dure en moyenne 8 à 12 mois et peut se conduire en parallèle d’une activité professionnelle.
Qu’est-ce que la VAE, en résumé
La VAE permet d’obtenir une certification professionnelle inscrite au RNCP en faisant reconnaître les compétences acquises par l’expérience — sans suivre de formation. Le diplôme délivré est identique à celui obtenu par la voie classique. Les employeurs et les conventions collectives ne distinguent pas les modes d’obtention.
Depuis la réforme de décembre 2022, la durée minimale d’un an n’est plus obligatoire toutefois une expérience réelle et significative en lien avec le diplôme visé reste indispensable. Cette expérience peut être salariée, indépendante, bénévole ou liée à un mandat électif.
Quelques confusions courantes à lever : le bilan de compétences aide à réfléchir à son parcours mais ne délivre pas de diplôme. La formation continue fait acquérir de nouvelles compétences. La VAPP ouvre l’accès à un cursus universitaire sans en avoir les prérequis. Seule la VAE débouche sur une certification.
Étape 1 — Choisir la bonne certification
Le choix de la certification est la décision la plus structurante de tout le parcours. Un dossier bien rédigé sur la mauvaise certification aboutit à une validation partielle ou à un refus.
Le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) sur France Compétences liste toutes les certifications accessibles par VAE. Chaque fiche détaille les blocs de compétences attendus. Lisez-les avant de vous engager : votre expérience doit couvrir l’essentiel du référentiel, pas seulement quelques blocs.
Si plusieurs certifications correspondent à votre métier, comparez les référentiels. Un conseiller des Points Relais Conseil VAE ou un conseiller France VAE peut vous aider à arbitrer. Cette étape mérite deux à quatre semaines de travail sérieux — c’est du temps bien investi.
Étape 2 — Déposer la demande de recevabilité
La recevabilité est la vérification formelle que votre expérience est suffisante pour engager la démarche.
Pour les certifications disponibles sur la plateforme France VAE (vae.gouv.fr), la démarche est entièrement numérique. Pour les autres, vous déposez un dossier — le livret 1, aussi appelé Cerfa — directement auprès de l’organisme certificateur.
L’organisme dispose de deux mois pour répondre. En l’absence de réponse dans ce délai, la recevabilité est réputée acquise.
Notre conseil : la preuve de votre recevabilité est indispensable pour la suite de votre parcours. Patientez jusqu’à la réception de votre avis de recevabilité avant de franchir l’étape suivante : la rédaction de votre dossier.
Enfin, une recevabilité accordée ne garantit pas la validation finale. Elle confirme simplement que votre profil est cohérent avec la certification visée.
Étape 3 — Rédiger le dossier de validation (livret 2)
Le livret 2 est le document central du parcours. C’est là que vous démontrez, bloc de compétences par bloc de compétences, que votre expérience correspond au référentiel.
Le rôle de votre accompagnateur déterminant à ce moment de votre parcours : analyser avec vous votre expérience, identifier les compétences qui correspondent aux blocs du référentiel, vous aider à formuler des situations professionnelles précises, et vous préparer la soutenance.
L’accompagnateur ne rédige pas le dossier à votre place. Il vous guide. Vous êtes le pilote de votre projet, il est le co-pilote !
L’accompagnement n’est pas obligatoire. Les données disponibles montrent cependant que les candidats accompagnés obtiennent des taux de validation totale nettement supérieurs à ceux qui se lancent seuls. Pour les certifications intégrées à France VAE, l’accompagnement est financé sans reste à charge.
Une session d’accompagnement représente en général entre 10 et 24 heures, étalées sur plusieurs mois.
Le jury n’attend pas un récit de carrière ni une liste de postes occupés. Il attend des descriptions précises de situations professionnelles réelles : quel était le contexte, quelles actions vous avez menées, pour quelle raison, avec quel résultat. Plus la description est spécifique et vérifiable, plus elle est convaincante. Le jury attend de votre part une analyse de votre pratique professionnelle.
Quelques repères pratiques pour la rédaction :
- Chaque bloc de compétences du référentiel doit être illustré par au moins une situation vécue.
- Les preuves documentaires renforcent le dossier : illustrations, attestations, extraits de documents produits dans le cadre de votre travail.
- Les jurys sont composés de professionnels du secteur. Ils détectent rapidement les dossiers « gonflés », les situations « fausses »ou copiées-collées ou pire encore depuis peu : les dossiers rédigés avec l’IA.
La rédaction d’un livret 2 solide demande entre 3 et 6 mois de travail régulier, en parallèle d’une activité professionnelle. La régularité (quelques heures par semaine) produit de meilleurs résultats qu’un travail concentré sur les dernières semaines.
Étape 4 — Passer devant le jury
Le jury réunit des professionnels du secteur et des représentants de l’organisme certificateur. L’entretien dure entre 20 minutes et une heure selon la certification.
L’entretien porte sur le contenu du dossier. Le jury demande au candidat de développer certaines situations, de préciser des choix, d’expliquer comment il a géré telle difficulté. Pour un candidat dont le dossier reflète une expérience réelle, c’est un échange professionnel, normal… même s’il peut être un peu intimidant !
Trois décisions sont possibles :
- Validation totale : la certification est délivrée dans son intégralité.
- Validation partielle : certains blocs de compétences sont validés, d’autres non. Les blocs de compétences validés sont acquis tant que la certification reste active au RNCP.Le candidat peut compléte
rles blocs manquants, par une expérience complémentaire ou une formation ciblée. - Refus : le dossier ne répond pas aux exigences du référentiel. Le candidat peut déposer un nouveau dossier ultérieurement.
Selon les données de la DARES, le taux de validation totale parmi les candidats qui se présentent effectivement devant le jury est d’environ 60 %. Ce chiffre exclut les abandons en cours de parcours, qui sont nombreux — principalement liés au manque d’accompagnement ou à un mauvais choix de certification initial.
Combien de temps dure une VAE ?
| Phase | Durée typique |
|---|---|
| Choix de la certification et premiers renseignements | 2 à 4 semaines |
| Demande de recevabilité (dépôt + traitement) | 4 à 10 semaines |
| Accompagnement et rédaction du livret 2 | 3 à 6 mois |
| Passage en jury (selon calendrier du certificateur) | Variable |
| Total | 8 à 12 mois en moyenne |
Combien ça coûte ?
Trois postes à anticiper :
L’accompagnement représente le coût principal : entre 1 500 et 3 500 euros selon le prestataire et la durée.
Les frais d’inscription et de jury varient selon les organismes. Ils sont souvent modestes pour les diplômes de l’Éducation nationale, et peuvent atteindre quelques centaines d’euros pour certains titres professionnels ou certifications privées.
Les frais annexes comprennent les déplacements pour les entretiens d’accompagnement et la soutenance, et éventuellement une formation courte en cas de validation partielle sur un bloc spécifique.
Comment financer sa VAE ?
Le CPF (Compte Personnel de Formation) est le dispositif le plus utilisé. Le solde disponible sur moncompteformation.gouv.fr est mobilisable pour financer l’accompagnement VAE. Le crédit annuel est de 500 euros, plafonné à 5 000 euros.
L’employeur peut financer la VAE dans le cadre du plan de développement des compétences. Certains employeurs, notamment dans les secteurs en tension, y trouvent un intérêt direct pour qualifier et fidéliser leurs équipes.
Les OPCO (Opérateurs de Compétences) financent la VAE pour les salariés des entreprises cotisantes. Chaque OPCO a ses propres critères et plafonds de prise en charge — renseignez-vous auprès de celui de votre branche professionnelle.
France Travail peut financer l’accompagnement pour les demandeurs d’emploi et, dans certains cas, maintenir une rémunération pendant le parcours.
Le congé VAE permet aux salariés de s’absenter pour les temps d’accompagnement et de jury. Le dispositif France VAE prévoit jusqu’à 48 heures de congé. L’employeur ne peut pas refuser cette absence, seulement la reporter de six mois maximum.
Points de vigilance
Attention
Le choix de la certification conditionne tout.
Le choix de la certification conditionne tout. Un écart trop important entre l’expérience et le référentiel produit inévitablement une validation partielle, même avec un dossier bien rédigé. Prenez le temps de comparer plusieurs certifications avant de vous engager.
Le livret 2 n’est pas un CV long format. Les candidats qui rédigent leur dossier comme un bilan de carrière ou une liste de responsabilités passent à côté de ce que le jury cherche. Chaque compétence doit être illustrée par une situation concrète et précise.
Les délais des organismes certificateurs varient beaucoup. Certains organisent des sessions de jury plusieurs fois par an, d’autres une seule fois. Renseignez-vous sur ce calendrier avant de commencer la rédaction pour planifier votre parcours de façon réaliste.
FAQ
La VAE est-elle reconnue par les employeurs ?
Le diplôme obtenu par VAE est juridiquement identique à celui délivré après une formation. Le document ne mentionne pas la voie d'obtention. Les conventions collectives et les grilles de rémunération s'appliquent de la même façon.
Peut-on faire une VAE en étant demandeur d'emploi ?
Oui. Les demandeurs d'emploi ont exactement les mêmes droits que les salariés. France Travail peut prendre en charge l'accompagnement et, dans certains cas, maintenir une allocation pendant le parcours.
Que se passe-t-il après une validation partielle ?
Les blocs de compétences validés sont acquis tant que la certification reste active au RNCP.Le candidat peut complétePeut-on refaire une VAE après un refus ?
Oui, sans limitation dans le temps. Après un refus, le candidat peut compléter son expérience, retravailler son dossier et se représenter devant le jury.
Est-ce difficile ?
La difficulté est davantage organisationnelle qu'intellectuelle. Il s'agit de maintenir un effort régulier sur plusieurs mois, de trouver du temps pour rédiger en parallèle d'une activité professionnelle, et d'apprendre à décrire ce qu'on fait avec précision. Avec un accompagnement adapté et une certification bien choisie, le parcours est accessible à tous les profils.


