La VAE ne forme pas. Elle certifie ce qui existe déjà. Cette distinction change la façon de répondre à la question « pourquoi faire une VAE » : les raisons ne sont pas des promesses de transformation, mais des effets juridiques, économiques et organisationnels qui découlent du fait de détenir formellement un diplôme.

Les raisons exposées ci-dessous sont les plus fréquentes. Elles ne s’appliquent pas toutes à chaque situation — c’est l’objet de la dernière section.


1. Faire reconnaître des compétences déjà acquises

La VAE part d’un constat simple : des personnes exercent depuis plusieurs années des activités pour lesquelles il existe un diplôme, sans détenir ce diplôme. Leur niveau de compétence peut être équivalent ou supérieur à celui d’un titulaire du diplôme visé. Il n’existe pourtant aucun mécanisme automatique de reconnaissance.

La VAE est le seul dispositif qui permet d’obtenir, à partir de cette expérience documentée, une certification officielle inscrite au RNCP — avec la même valeur juridique que si elle avait été obtenue par formation initiale.

Ce n’est pas un certificat de valorisation ni une attestation d’expérience. C’est le diplôme lui-même.


2. Impact salarial : ce que change un diplôme dans une grille conventionnelle

Les conventions collectives classifient les salariés selon leur niveau de diplôme et leur ancienneté. Un salarié sans diplôme peut se trouver positionné à un coefficient inférieur à celui que lui ouvrirait son diplôme, même s’il exerce les mêmes fonctions qu’un titulaire mieux classé.

L’obtention d’un diplôme par VAE peut justifier une demande de révision de classification, à condition que le poste occupé corresponde au niveau du diplôme obtenu. Cette demande s’appuie sur les dispositions de la convention collective applicable — l’employeur n’est pas tenu d’accorder une revalorisation automatique si le poste n’a pas changé, mais le diplôme constitue un argument contractuel que le salarié ne détenait pas auparavant.

Par ailleurs, certains postes sont conditionnés à un niveau de diplôme à l’embauche. L’absence de diplôme peut empêcher l’accès à des offres ou à des promotions internes pour lesquelles le niveau est exigé, indépendamment des compétences réelles.


3. Accéder à des postes pour lesquels le diplôme est une condition réglementaire

Dans certains secteurs, le diplôme n’est pas un critère de sélection parmi d’autres — c’est une condition légale d’exercice ou d’évolution.

Dans la fonction publique, les grades et corps sont associés à des niveaux de diplôme. Un agent qui souhaite accéder à la catégorie B ou A doit, selon les cas, justifier du niveau de diplôme requis. L’expérience seule ne suffit pas.

Dans le secteur sanitaire et social, certains titres (responsable d’établissement, chef de service, etc.) sont accessibles uniquement aux titulaires de diplômes spécifiques (CAFERUIS, CAFDES, DEIS…). Un professionnel expérimenté qui n’a pas ces diplômes ne peut pas accéder à ces fonctions par promotion interne, même avec des années d’expérience.

La VAE permet d’obtenir ces diplômes à partir de l’expérience, sans passer par la formation longue qui leur est associée.

Bon à savoir

Dans certains secteurs, le diplôme est une condition réglementaire : l’expérience seule ne permet pas d’accéder aux fonctions visées.


4. Accéder à des concours conditionnés à un niveau de diplôme

Certains concours de la fonction publique sont ouverts uniquement aux candidats justifiant d’un niveau de diplôme minimal. Un bac+2 peut être requis pour des concours de catégorie B, une licence ou un master pour des concours de catégorie A.

Un diplôme obtenu par VAE ouvre les mêmes droits de candidature qu’un diplôme obtenu par formation. Le mode d’obtention n’est pas examiné lors de la vérification des conditions d’inscription au concours.


5. Éviter une formation longue pour un diplôme que l’expérience justifie

Une formation conduisant à un BTS ou une licence dure typiquement 1 à 2 ans en formation initiale, ou 2 à 3 ans en formation continue à temps partiel. Pour un salarié en activité, cela implique des aménagements de poste, des frais importants, et un investissement en temps difficile à concilier avec une vie professionnelle et personnelle.

Un parcours VAE dure en règle générale entre 8 et 12 mois, en parallèle de l’activité. Il ne nécessite pas de suivre des enseignements : le travail principal consiste à rédiger un dossier de preuves (le livret 2) qui documente comment l’expérience couvre les blocs de compétences du référentiel.

Conseil de nos experts

Cette économie de temps est pertinente uniquement si les compétences sont déjà maîtrisées. Si ce n’est pas le cas, la formation reste l’option appropriée.


6. Valider une légitimité que l’entourage professionnel ne reconnaissait pas formellement

C’est un mécanisme documenté mais rarement explicité. Des professionnels expérimentés peuvent être perçus — par leur hiérarchie, leurs clients ou leurs partenaires — comme moins légitimes que des collègues moins expérimentés mais titulaires d’un diplôme.

Ce phénomène est particulièrement présent dans les secteurs où le diplôme est une norme culturelle forte (santé, enseignement, conseil, encadrement). L’obtention d’un diplôme par VAE modifie la position perçue, sans que les compétences réelles aient changé.

Ce n’est pas l’argument principal d’un recours à la VAE, mais c’est une conséquence réelle pour certains candidats.


7. Quand la VAE n’est pas la bonne option

Cette section existe parce que la VAE n’est pas adaptée à toutes les situations, et que s’engager dans un parcours sans les conditions requises entraîne une perte de temps et, dans certains cas, une validation seulement partielle.

Attention

L’expérience ne couvre pas le référentiel. Chaque certification est découpée en blocs de compétences. Si l’expérience du candidat ne couvre qu’une partie de ces blocs, le jury peut ne valider que partiellement la certification. Le candidat obtient alors une attestation de validation partielle et doit compléter les blocs manquants par une autre voie. Avant de s’engager, il est utile d’analyser son parcours au regard du référentiel exact de la certification visée.

L’objectif est d’acquérir de nouvelles compétences. La VAE repose sur le principe que les compétences existent déjà. Elle ne forme pas. Si un candidat souhaite apprendre des compétences qu’il ne maîtrise pas encore, une formation est plus adaptée — et plus honnête vis-à-vis du jury.

Le diplôme visé est soumis à des contraintes réglementaires spécifiques. Certains diplômes d’État restent soumis à des conditions particulières même pour la voie VAE. L’accès à la profession d’infirmier, par exemple, est encadré par des directives européennes qui limitent fortement les possibilités de validation partielle. Il convient de vérifier les conditions précises auprès de l’organisme certificateur (université, ministère, CPNE de branche) avant d’engager le parcours.



Armen Timourdjian

Armen Timourdjian

Consultant Stratégie 360, Expert Conseil & Formation, Fondateur du Groupe PERSPECTIVE

ConseilStratégieRHFormationBilan de compétencesVAEQUALIOPIISO 9001

J’accompagne les organisations vers la reconnaissance de leurs compétences. Spécialiste de la VAE et de la transformation RH, j’ai conçu la méthode d’accompagnement du Groupe Perspective, déployée partout en France.

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